SURVEILLANCE ET RÉMISSION

Après un traitement du cancer du sein, il est nécessaire d’effectuer une surveillance régulière afin de détecter les signes d’une éventuelle récidive et de prendre en charge les effets secondaires des différents traitements qui auraient pu se manifester. Une consultation et une mammographie périodiques sont suffisantes. D’autres examens sont prescrits en complément si nécessaire. La surveillance est adaptée à chaque patiente.

 

L’interrogatoire a pour but de rechercher des symptômes qui font craindre une récidive du cancer du sein et de prendre en charge les effets secondaires éventuels des traitements. Il est très important, surtout si ces signes persistent, que la patiente exprime et décrive tout ce qu’elle ressent d’anormal ou d’inhabituel.


 

Ces signes ou symptômes peuvent être:

  • l’apparition récente de ganglions palpables ou visibles ou encore de modifications du sein traité et de la cicatrice
  • des symptômes généraux (fatigue générale et inexpliquée, perte de poids en dehors de tout régime amaigrissant)
  • des symptômes osseux (douleurs plus ou moins précises, de plus en plus fortes, surtout la nuit)
  • des symptômes respiratoires (essoufflement récent, toux d’irritation, douleurs dans la poitrine, crachats avec présence de sang)
  • des symptômes digestifs (perte d’appétit, nausées ou dégoût pour certains aliments, démangeaisons)
  • des symptômes neurologiques (maux de tête, vertiges, troubles de la vision)
 

Si certains de ces symptômes apparaissent et persistent, il est important de les signaler rapidement au médecin sans attendre le rendez-vous suivant programmé.

J’ai pris l’habitude de signaler à mon médecin tout ce que je trouve anormal

S’il faut absolument signaler ces symptômes, ils ne sont pas pour autant le signe d’une récidive du cancer. Ils peuvent être simplement liés à une autre maladie tout à fait bénigne (grippe, arthrose ou simple rhume). S’ils disparaissent au bout de quelques jours, il est peu probable qu’ils soient liés au cancer.

L’examen physique permet de surveiller :

  • le sein ou la paroi thoracique traités
  • l’autre sein
  • les ganglions
  • les organes éloignés du sein, comme le foie, les poumons et l’ensemble du squelette
 

Lors de la consultation, le médecin donne des conseils sur l’hygiène de vie, l’alimentation, la sexualité et la contraception. Ces conseils adaptés doivent aider la patiente à retrouver le plus rapidement possible un équilibre de vie. Pendant la surveillance, un soutien psychologique peut être nécessaire.

 

Les examens réguliers



La surveillance du sein traité

Chez les femmes ayant été traitées par une chirurgie conservatrice, une mammographie annuelle est indispensable en plus de la consultation chez le médecin. Cette mammographie permet de détecter une éventuelle récidive du cancer dans le sein qui a été malade. Elle offre la possibilité de mettre en place rapidement un traitement si nécessaire. Elle est associée à une échographie si le radiologue le juge nécessaire.


La surveillance du sein non malade

Chez toutes les femmes traitées pour un cancer du sein, une mammographie est recommandée pour dépister l’apparition d’un autre cancer dans le deuxième sein.


La surveillance générale de la patiente en rémission complète

L’interrogatoire et l’examen physique sont les deux seuls examens standards qui permettent la surveillance générale d’une patiente en rémission. En l’absence de symptômes, aucun autre examen n’est nécessaire. En cas de symptômes ou de signes anormaux décrits par la patiente ou mis en évidence lors de l’examen physique, le médecin peut juger nécessaire de prescrire des examens supplémentaires:

  • une scintigraphie osseuse
  • une échographie du foie
  • un dosage des marqueurs tumoraux
 

Un marqueur tumoral est une substance sécrétée par les cellules d’une tumeur cancéreuse. On peut la repérer lors de l’analyse d’une simple prise de sang. Le dosage des marqueurs tumoraux donne des indications sur l’évolution de la maladie;

  • une numération formule sanguine (NFS). La NFS est un examen qui, à la suite d’une prise de sang, vise à compter les différents composants du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes) afin de déterminer si leur nombre est suffisant
  • un bilan biologique du foie ou une vitesse de sédimentation (VS) en cas de suspicion de récidive
 

En l’absence de symptôme ou d’anomalie lors de l’examen physique, les spécialistes ne recommandent pas de réaliser systématiquement d’autres examens. Ces examens provoquent des angoisses inutiles. Il est donc fondamental de ne pas les multiplier sans raison. La patiente peut être surveillée par le médecin généraliste, l’oncologue médical ou radiothérapeute, le chirurgien ou le gynécologue. La patiente a le choix du médecin chargé de la surveillance de son cancer du sein.

 

Source: Europa Donna France

RETOUR AU TRAVAIL

Après le traitement d’un cancer, le retour dans la vie professionnelle est souvent pensé comme la fermeture d’une parenthèse : les traitements terminés, on peut revenir à une «vie normale». Et bien souvent, c’est ainsi que l’on se représente le fait de travailler. À ce titre, le retour au travail peut être attendu, idéalisé. Mais aussi parfois, il est une nouvelle épreuve quand il n’est plus possible « de faire comme avant »

La reprise du travail, la fin d'un épisode douloureux

Le plus souvent, les personnes qui reprennent le travail après le traitement d’un cancer ont une représentation très idéalisée de ce moment-là, qui signifie pour eux la fin d’un épisode, plutôt douloureux, de leur vie. Le travail appartient à la vie « d’avant ». évidence, celle de la normalité. Mais les traces de la maladie et des traitements sont toujours là, même si on ne veut pas les prendre en compte. Et la plupart des patients n’imaginent pas que leur retour au travail doit être préparé, en suivant un parcours précis, en plusieurs étapes. Aussi, la confrontation à la réalité des impératifs du monde du travail ajoute encore au sentiment de perte de repères, à la perte de confiance en soi et dans les autres, caractéristiques de l’épreuve du cancer. Une reprise du travail qui se solde par un sentiment d’échec fait le lit de la dépression. C’est pourquoi, la préparation est essentielle dans la réussite de son retour au travail.

 

Source: Europa Donna France

 

Législation luxembourgeoise : Reprise progressive du travail pour raisons thérapeutiques Modalités pratiques


https://cns.public.lu/fr/assure/vie-professionnelle/arret-de-travail/maladie/reprise-progressive-travail-raisons-therapeutiques/modalites-pratiques.html
 

Foire aux questions


https://cns.public.lu/fr/assure/vie-professionnelle/arret-de-travail/maladie/reprise-progressive-travail-raisons-therapeutiques/faq-reprise-progressive-travail-raisons-therapeutiques.html
 

Brochure « Guide pratique » de la Fondation Cancer


http://www.cancer.lu/sites/cancer/files/GuidePratique_FR_2019.pdf

DROIT À L’OUBLI

En principe : Droit à l’oubli SANS obligation déclarative

 

En pratique, lors d'une demande d'assurance solde restant dû d’un crédit immobilier, la personne requérante guérie d’un cancer est en droit de ne pas déclarer sa pathologie lorsque:

  • le protocole thérapeutique relatif à cette pathologie cancéreuse a pris fin depuis 10 ans (fin du traitement actif du cancer par chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie)
  • le protocole thérapeutique relatif à cette pathologie cancéreuse a pris fin depuis 5 ans, pour un cancer diagnostiqué avant l’âge de 18 ans
  • sans rechute, c’est-à-dire sans nouvelle manifestation médicalement constatée du cancer, qu’elle le soit par le biais d’un examen clinique, biologique ou d’imagerie

Le dispositif du droit à l’oubli est complété par diverses exceptions :

Exceptions : Droit à l’oubli AVEC obligation déclarative, sans surprime

 

• Lors d'une demande d'assurance solde restant dû d’un crédit immobilier, la personne requérante guérie d’un cancer spécifique (10 types de cancer spécifiques) ou d’une hépatite virale C, doit déclarer sa pathologie, mais si certaines conditions sont remplies, l’assureur ne peut pas exclure le candidat à l’assurance ou demander une surprime

 

Si les conditions sont réunies, les compagnies d’assurances signataires s’engagent donc à ce qu’aucune information médicale relative à une pathologie cancéreuse ne sera prise en compte dans l’accès à l’assurance et dans le calcul des primes de l’assurance solde restant dû.

 

Le demandeur aura ainsi un délai d’accès à l’assurance solde restant dû, sans surprime, plus court (inférieur à 10 ans, respectivement 5 ans, après la fin du traitement et sans rechute).

 

• Lors d'une demande d'assurance solde restant dû d’un crédit immobilier, la personne requérante sous traitement en raison d’une infection par le VIH doit déclarer sa pathologie, mais si les conditions sont remplies, l’assureur ne peut pas exclure le candidat à l’assurance ou demander une surprime supérieure à 100% (surprime plafonnée).

 

À ce jour, les personnes porteuses du VIH ne peuvent pas être considérées comme « guéries » au sens du droit à l’oubli vu qu’un traitement actif reste en place à vie et que même traitées ces personnes gardent un risque majoré de faire une rechute.

 

De son côté, Christian Strasser, Président de l’ACA, a indiqué que : « La signature avec le ministère de la Santé de cette convention sur le droit à l’oubli est une avancée considérable. En tenant compte des progrès médicaux, les assureurs participent à une société plus juste dans laquelle les personnes qui ont souffert de certaines pathologies graves pourront accéder à la propriété aux mêmes conditions que les autres. Elle marque la volonté des assureurs luxembourgeois d’exercer leur responsabilité sociale. ».

 

Mise en place d’un Comité de suivi et de réévaluation

 

Afin de veiller à la bonne application de la convention et au respect des engagements des parties, un comité de suivi et de réévaluation sera mis en place, composé par des représentants de l’État, de l’ACA, des compagnies d’assurances signataires, des associations et fondations de patients, de l’Institut national du cancer (INC), ainsi que de la Direction de la santé.

 

Parmi ses missions, le comité d’experts pourra analyser si un candidat à l’emprunt remplit les conditions prévues par la convention ou encore examiner d’éventuelles réclamations, voire, favoriser un règlement amiable des réclamations dont il est saisi.

La convention entrera en vigueur le 1er janvier 2020 et n’a pas d’effet rétroactif.


EN SAVOIR PLUS

AIDANTS ET PROCHES

Si le cancer est une épreuve pour le patient, elle l’est aussi pour son entourage.
La maladie affecte en effet souvent profondément les proches d’une personne malade.

Un choc aussi pour l'entourage

 

L’annonce du diagnostic d’un cancer est un choc non seulement pour la personne directement concernée mais aussi pour ses proches. L’irruption de la maladie bouleverse les relations de couples et familiales. Face à une épreuve difficile, les proches ne savent pas toujours très bien comment réagir. Ils peuvent être désemparés, anxieux, éprouver un sentiment de culpabilité. Soutenir un malade au jour le jour peut également entraîner une forme d’épuisement au bout d’un certain temps. Les proches ne doivent pas hésiter à se faire aider, en consultant un psychologue par exemple, afin d’être davantage en mesure d’assumer leur rôle d ’aidant.

Les réactions des uns et des autres...

 

L’irruption du cancer et la lourde prise en charge médicale qu’elle nécessite déstabilisent l’entourage. D’abord parce que le malade est bouleversé, éventuellement effondré, angoissé, mutique, agressif… face à cette nouvelle situation, et tout en cherchant à bien faire, l’entourage ne sait pas toujours comment réagir. Certains proches peuvent avoir tendance à materner le patient, ce qui a souvent pour effet d’agacer ce dernier. Ils peuvent aussi paraître maladroits, indifférents ou même solliciter encore plus d’efforts de la part du malade, incapables d’intégrer la réalité et la gravité de la maladie, trop angoissante pour eux. Dans certains cas, le sentiment d’impuissance ressenti par les proches est tel que cela peut les conduire à fuir. Heureusement, comme pour le patient, le temps et les ressources psychologiques permettent le plus souvent de trouver la force de faire face.

 

Source: Europa Donna France

Dans votre service d’oncologie au Luxembourg la ressource psychologique est incluse gratuitement et aussi à disposition des aidants et proches.

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE: UNE ARME CONTRE LE CANCER

Que l’on soit en « bonne santé » ou atteint d’une maladie tel que le cancer du sein, BOUGER est indispensable pour la santé.

Les bénéfices de la pratique d’une activité physique ne sont plus à démontrer. La pratique d’activité physique a été reconnue en 2011, par la Haute Autorité de Santé, comme une thérapie non médicamenteuse.

Il est aujourd’hui reconnu que la pratique d’une activité physique soutenue diminue le risque de récidive du cancer, lutte contre les effets indésirables des traitements, tant physiques que psychologiques, et améliore la qualité de vie des patients.
 

https://acteurdemasante.lu/fr/cancer-du-sein/lactivite-physique-une-arme-contre-le-cancer/